edito-ar.jpgOn aurait tort de chercher l'événement culturel de l'année 2007 en France du côté des musées, des théâtres, des concerts, des festivals ou de l'édition. Cet événement n'a pas eu lieu dans le champ de l'art, de la photographie, du design, de la danse, du théâtre, de la musique, ou de la littérature. Il s'est produit ailleurs, avec la participation d'une majorité de Français. Cet événement, dont les résonances s'annoncent d'ores et déjà profondes, c'est évidemment l'élection de Nicolas Sarkozy à l a tête de l'État.

Jamais un candidat à la magistrature suprême n'avait en effet autant mêlé dans sa campagne la culture à la politique. Jamais la «rupture» culturelle n'avait autant été présentée comme l'une des conditions de réalisation d'un programme politique. Il faut remonter au premier septennat de François Mitterrand, et à l'action menée par Jack Lang au début des années 1980, pour trouver un semblable rôle politique accordé à la culture.


service_public.jpg53% des français attachés aux services publics de proximité, quitte à augmenter les impôts

53 % des Français sont prêts à payer plus d'impôts pour conserver les services publics partout sur le territoire. 62 % des personnes interrogées approuvent le principe d’un dédommagement de la commune concernée par une fermeture. Tels sont les principaux enseignements du sondage réalisé par l'Ifop pour acteurspublics et Ouest-France, publié le 8 juillet 2008 et commenté par Frédéric Dabi, directeur du département d’opinions et stratégie d’entreprise de l’Ifop. 44 % des sondés se disent cependant prêts à accepter la fermeture de certains services, au regard de l’ampleur du déficit de l’État. Cet arbitrage, entre économies budgétaires et maintien des services publics de proximité, divise l’opinion :

badinter.jpgCertains se demandent si, en refusant de voter la révision constitutionnelle, les socialistes ne sont pas en train de passer à côté d'une opportunité : rééquilibrer les institutions.

La réponse est non. Cette révision est une occasion perdue, non pour les socialistes, mais pour la République. Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité.

J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République.