RDV 2022 !

Rappel de nos propositions

Sous la houlette de Boris Vallaud et Vincent Duchaussoy, le groupe projet consacré au travail a remis ses pistes de travail et ses propositions. Regroupées dans un livret intitulé « Un emploi pour tous, un travail digne pour chacun », elles ont vocation d’ici le mois de juin à agiter le débat à Gauche. 

Accéder au livret

L'enjeu est aussi simple que fondamental : faire émerger ce que nous sommes et ce que nous portons tout en prenant toujours plus en compte les grands enjeux de notre époque comme la transition écologique, les enjeux numériques, les combats féministes, etc ...

Durant 6 mois, nous aborderons chaque mois un grand thème structurant de notre société et des attentes des Françaises et des Français pour formuler des orientations, des solutions, des propositions qui seront ensuite présentées chaque premier jeudi de chaque mois dans un « Live du projet ».

Mais on ne s’arrête pas là, puisque ces propositions seront ensuite partagées et mises en débat avec des syndicalistes, des responsables associatifs, des chercheurs, des citoyens engagés et vous bien entendu ... afin d’en tirer des propositions. La règle est simple, si tu souhaite compléter, améliorer ou proposer d’autres solutions plus justes et plus efficaces, libre à vous !

Donne ton avis en votant sur la plateforme « RDV2022 » et contribue à construire le projet socialiste de demain !

Voter les propositions

La niche parlementaire

La NEWSletter est aussi l'occasion pour nous de te présenter le travail de nos parlementaires à l'Assemblée nationale. Dans le cadre de leur mandat, les députés socialistes sont soumis à un calendrier serré, rythmé par les sessions de débat et les permanences locales.

Il est défini par l'article 48 de notre Constitution, qui dispose qu'« Un jour de séance par mois est réservé à un ordre du jour arrêté par chaque assemblée à l'initiative des groupes d'opposition de l'assemblée intéressée ainsi qu'à celle des groupes minoritaires. »

Ce calendrier leur impose une « fenêtre parlementaire », couramment appelée « niche », pendant laquelle ils peuvent inscrire leurs propositions à l'ordre du jour de l'Assemblée. Nous te détaillons ici quelques unes de ces propositions, qui sont disponibles juste ici : 

Lire les propositions

Parmi ces propositions, Boris Vallaud et Hervé Saulignac proposent une Aide Individuelle à l’Émancipation (solidaire), qui permettrait aux jeunes de traverser la crise actuelle sereinement. De son côté, Isabelle Santiago porte une proposition de loi visant à renforcer la protection des mineurs victimes de violences sexuelles. Dans le contexte de #MeTooInceste, elle insiste sur la nécessité pour les groupes politiques de collaborer et d'unir leurs forces pour lutter collectivement contre les abus sexuels. 

Ces propositions de nos députés impulsent un mouvement politique de fond, en s'attachant à des problématiques aussi concrètes que variées. Nous t'invitons à prendre connaissance de ce travail, que nous saluons tant pour son ambition que pour sa qualité.

Olivier Faure dans « Dimanche en politique »

Ce dimanche 7 février 2021, notre premier secrétaire était l'invité de l'émission « Dimanche en politique », diffusée sur France 3. Tu peux retrouver le replay juste ici : 

Voir le replay

La délégation socialiste européenne

Débat sur l'interdiction de l'avortement en Pologne : Solidarité avec les Polonaises et les Polonais

- Le Mardi 9 février 2021

Le Parlement européen a organisé ce matin, mardi 9 février 2021, un débat sur l’interdiction de l’avortement en Pologne. Les membres de la délégation de la gauche sociale et écologique s’y sont exprimés pour condamner avec force ce recul supplémentaire des droits fondamentaux en Pologne.

« Au mois d’octobre, nous avions déjà dénoncé l’arrêt du Tribunal constitutionnel polonais, contrôlé par le PiS, restreignant davantage les interruptions volontaires de grossesse. Avec la pression européenne, il avait un temps semblé que le Gouvernement polonais allait reculer » rappellent Sylvie Guillaume, Présidente socialiste de la délégation de la gauche sociale et écologique, et Raphaël Glucksmann, eurodéputé Place publique, tous deux membres de la commission parlementaire en charge des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures.

Lire le communiqué

Le Parlement européen exige une économie neutre en carbone, durable et non toxique d'ici 2050

- Le Mercredi 10 février 2021

Les eurodéputés ont adopté une nouvelle stratégie dans le cadre de l’économie circulaire conformément aux objectifs développés au sein du Pacte vert européen. Les membres de la Délégation de la gauche sociale et écologique se félicitent de l’adoption de ce deuxième plan d’action qui appelle à des objectifs contraignants pour 2030 concernant l’utilisation des matières premières et l’empreinte de la consommation, couvrant l’ensemble du cycle de vie de chaque catégorie de produit mise sur le marché européen.

Pour Éric Andrieu, membre de la Commission en charge de l’environnement et de la santé : « l’essor de l’économie circulaire est une priorité stratégique pour l’Union, car elle permet à la fois préservation des ressources naturelles, consommation durable, amélioration de la qualité de vie, développement des territoires, création de valeur et d’emplois et réinsertion de personnes vulnérables ». Mais il faut être prudent sur un point, ajoute l’eurodéputé : « Le recyclage ne doit pas être un prétexte pour réintroduire des substances dangereuses que la législation entend éliminer. Les substances interdites ne doivent pas revenir sur le marché de l’Union dans des produits de consommation par l’intermédiaire d’activités de recyclage ! ».

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Sanofi : Actionnaires qui rient, chercheurs et malades qui pleurent

- Le Samedi 6 février 2021

La pandémie que nous vivons aura agi comme un accélérateur et un révélateur des stratégies déployées par Sanofi : malgré des milliards d’argent public, le laboratoire ne privilégie plus la recherche et développement (R&D).

Pourtant, de façon totalement contre-intuitive, cet échec dramatique n’a pas empêché l’entreprise de publier de très bons résultats pour 2020. Un bénéfice net de 12,3 milliards d’euros, en augmentation de 340 %. Comment un tel résultat est-il possible ? Sanofi vit sur ses actifs, les brevets qui datent de l’époque où le laboratoire innovait en investissant dans la recherche et développement. Désormais, il a une stratégie financière double : spéculative avec des plans d’économies drastiques – et c’est un comble, des coupes dans les dépenses en matière de recherche – afin de pouvoir vivre de ses rentes tant que les brevets ne sont pas dans le domaine public, et des achats d’entreprises qui, elles, innovent en utilisant la force de frappe financière de l’entreprise. Tout aussi choquant est de constater les bénéfices colossaux que les actionnaires vont se partager au moment même où l’entreprise annonce la suppression de centaines de postes au sein de son entreprise, la fermeture d’un de ses sites et l’arrêt de nombreuses activités de recherche.

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« L'Éducation, encore et toujours »

- Le Mercredi 10 février 2021

Yannick Trigance, secrétaire national à l'Éducation et à l'Enseignement supérieur

Depuis maintenant une année, dans un contexte inédit, particulièrement déstabilisant et anxiogène, les chefs d’établissements, les directrices et directeurs d’école, les enseignants et au-delà, les équipes éducatives, ont permis aux élèves et à leur famille, grâce à leur implication et à leur réactivité, de garder un contact et une activité scolaire indispensables au bon développement de notre jeunesse.

Malgré cet engagement sans faille des professionnels de l’éducation, force est de constater que les confinements successifs et les modalités de fonctionnement actuelles des établissements, notamment dans le second degré, ont des conséquences inquiétantes pour un grand nombre d’élèves en termes de décrochage scolaire, d’acquisition des connaissances et de lien social.

Si nous souhaitons toutes et tous que cette crise sanitaire ne soit plus qu’un mauvais souvenir, nous en sommes encore loin et cette année scolaire n’est décidément pas une année scolaire « comme les autres ».

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La revue de presse

Libération | « Revenu de base : des départements PS attendent toujours un feu vert »

En 2017, les socialistes avaient porté l'idée d'un revenu universel. Si l'idée avait été moquée lors de son introduction dans le débat public, elle est aujourd'hui plébiscitée. Dans cet articleLibération analyse plusieurs pistes d'expérimentation du revenu de base, et fait part des attentes des élus socialistes au sein des collectivités locales. Tu peux le retrouver en intégralité juste ici :

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Le Monde | Autoroutes : « La préservation de l’intérêt général n’est plus assurée, il est temps d’arrêter les frais »

Un collectif de députés et de sénateurs socialistes, dont Olivier Jacquin, Christine Pirès-Beaune, Olivier Faure et Patrick Kanner, appelle, dans une tribune au Monde, à mettre fin aux déséquilibres des concessions autoroutières en auditant les contrats, en vue d'engager un processus de réseau.

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« Un emploi vert pour tous »

Hémisphère gauche et l'Institut Rousseau ont lancé une campagne « Un emploi vert pour tous » visant notamment à créer un million d'emplois dans les métiers de la reconstruction écologique et du lien social. Les socialistes soutiennent cette initiative, tu peux d'ailleurs signer leur pétition.

Signer la pétition

Le Zap'Parlementaire

Comme chaque semaine, nous te proposons de retrouver les questions au gouvernement de nos députés et sénateurs en séance ! Pour voir le replay, c'est ici ⤵️ 

Replay

Les podcasts du Parti socialiste 

Les replays du RDV de la Gauche d'Après, ainsi que le reste de nos podcasts sont aussi disponibles sur Apple Podcast, Spotify, mais aussi Deezer et Podcast addict. 

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Adopter et partager les gestes barrières

Pour enrayer l'épidémie du Covid-19, éviter de tomber malade et de transmettre la maladie, voici les gestes barrières à appliquer systématiquement.

Ensemble, respectons les consignes pour combattre l'épidémie.

 

Merci de nous avoir lus Jean-Claude.


Parti socialiste 🌹
http://www.rdv2022.fr/

Cette semaine a été marquée par les initiatives des socialistes pour alerter le gouvernement sur la situation de la jeunesse en cette période de crise sanitaire, économique et sociale. Nous reviendrons sur la campagne lancée par les Jeunes socialistes, sur notre format « On part en live » qui s'est déroulé hier soir, consacré à la précarité de la jeunesse, sur l'interview de Valérie Rabault dans Les Échos et sur la tribune de nos secrétaires nationaux, Yannick Trigance et Isabelle Rocca, sur la situation toute particulière des universités et des étudiant·e·s.

À l'occasion de son interview chez Jean-Jacques Bourdin, Olivier Faure a dénoncé la stratégie vaccinale du gouvernement et a demandé transparence et concertation avec les collectivités locales. Tu pourras retrouver cet entretien en intégralité.

Vendredi dernier, Olivier Faure était à la tête de la délégation socialiste qui s'est rendue à Jarnac en hommage à François Mitterrand. Nous te proposons un retour en images sur ce déplacement.

Tu trouveras également un replay de l'interview de notre premier secrétaire qui était l'invité de Radio J dimanche dernier, un communiqué de presse sur les événements qui se sont déroulés à Cayenne la semaine dernière, le clip en faveur de la vaccination de nos député·e·s et bien sûr le Zap'Parlementaire.


En finir avec la précarité de la jeunesse

Les jeunes sont particulièrement frappés par la crise que nous traversons et le gouvernement ne leur accorde pas l'attention qu'ils méritent ! Pour alerter sur cette situation et en sortir, les socialistes se mobilisent à travers une campagne des Jeunes socialistes contre la précarité qui frappe la jeunesse ; une proposition de loi au Sénat pour demander l'extension du RSA aux moins de 25 ans ; la présidente du groupe socialiste à l'Assemblée nationale déplore dans Les Échos que les facs soient livrées à elles-mêmes et dans Libération nos secrétaires nationaux en charge de l'éducation proposent de sortir les étudiant·e·s et les universités de l'angle mort dans lequel les cantonne la politique gouvernementale.

La campagne des Jeunes socialistes

Ignorée, voire méprisés par le gouvernement, les jeunes de France vont mal. Il est urgent d'agir pour ne pas sacrifier une génération. Les Jeunes socialistes lancent leur campagne pour alerter sur la précarité de la jeunesse en cette période de crise sanitaire, économique et sociale.

Télécharger les visuels

« On part en live » | Le replay

Hier soir avait lieu un nouvel épisode de « On part en live » avec Rémi Cardon, sénateur de la Somme, sur le thème de la précarité de la jeunesse. Il nous a notamment parlé de sa proposition de loi pour étendre l'accès au RSA aux moins de 25 ans qui sera examinée en séance publique le 20 janvier. L'idée est de répondre à l'urgence et d'accompagner les jeunes pour les aider à traverser la crise à laquelle nous faisons face.

Tu n'as pas pu assister à ce live Facebook animé par Maxime Sauvage avec Monique Lubin, Orlane François, Emma Rafowicz et Nathan Abou ? Nous te proposons donc de regarder le replay !

Le replay

Ce matin, Bruno Le Maire a été interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur l'ouverture du RSA aux 18-35 ans. Il continue à s'opposer à cette mesure malgré la grande précarité à laquelle font face les jeunes à cause de la crise. Olivier Faure a réagi aux propos du ministre sur Twitter :

Les Échos | Valérie Rabault : « Le gouvernement n'est pas suffisamment aux côtés des étudiants dans cette crise »

Cette semaine, Valérie Rabault, présidente du groupe Socialistes et apparentés à l'Assemblée nationale, accordait une interview aux Échos. Elle tire la sonnette d'alarme sur le sort des étudiant·e·s, très fragilisé·e·s par la crise du Covid.

« Au motif de l'autonomie des universités, le gouvernement laisse les facs trop livrées à elles-mêmes. »

Lire l'interview

La situation des universités

Lundi, Yannick Trigance, secrétaire national du PS à l'Éducation et à l'Enseignement supérieur, et Isabelle Rocca, secrétaire nationale adjointe du PS pour l'Éducation populaire, publiaient une tribune dans Libération : « Crise sanitaire : les universités, angle mort du gouvernement ».

« La gestion de la crise par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche met en danger une génération entière d’étudiants, tant sur le plan de leur formation que sur celui des risques psycho-sociaux. »

Lire la tribune

Stratégie vaccinale : Olivier Faure demande au gouvernement transparence et concertation avec les collectivités locales

Chez Jean-Jacques Bourdin, Olivier Faure a déploré que, dans la course de vitesse engagée contre l’épidémie, le Gouvernement semble toujours avoir un train de retard. Il a réitéré sa demande auprès du Premier ministre de faire toute la transparence sur la campagne de vaccination en mettant les données en open data. Il a regretté que l’on ne fasse pas davantage confiance aux élus locaux pour déployer sur le terrain la stratégie vaccinale. Il a enfin répété que la démocratie ne pouvait pas être confinée et supplantée par un conseil de défense opaque. 

Retrouve l'intégralité de cette interview :

Les socialistes rendent hommage à François Mitterrand

Il y a 25 ans disparaissait François Mitterrand, premier président socialiste de la Ve République, l'homme qui incarna la victoire du peuple de gauche le 10 mai 1981 et engagea la transformation durable de notre pays. Olivier Faure était présent à l'hommage officiel rendu à Jarnac en Charente sur la tombe de l'ancien président. Il était accompagné de Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de France Urbaine, Ségolène Royal, ancienne ministre, Rachid Temal, sénateur du Val-d'Oise et Brigitte Marciniak, première secrétaire fédérale de Charente.

Retour en images

Olivier Faure sur Radio J

Dimanche dernier, le Premier secrétaire était l'invité de Radio J. Si tu souhaites écouter ou réécouter cet entretien, nous te proposons un replay !

Radio J

CP | Le PS condamne fermement les méthodes de maintien de l'ordre utilisées à Cayenne

– Le mardi 12 janvier 2021

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste

Josette Borel-Lincertin, secrétaire nationale à l'Outre-mer

Le Parti socialiste condamne fermement les méthodes de maintien de l’ordre qui ont été utilisées en fin de semaine dernière à Cayenne, en Guyane.

En effet, les forces de l’ordre ont eu recours à un chien policier qui a été lâché dans les rues du chef-lieu guyanais contre des carnavaliers et des manifestants pacifiques. Ce lâcher de chiens vient résonner cruellement dans la mémoire collective des Outre-mer : ces animaux étaient utilisés pour mater les révoltes des anti-esclavagistes et des esclaves au temps détestable de la colonisation.

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Les parlementaires socialistes

Le clip des député·e·s socialistes en faveur de la vaccination

Le gouvernement n’a pas organisé de campagne de communication « grand public » sur la nécessité de se faire vacciner. C'est pourquoi le groupe Socialiste et apparentés à l'Assemblée nationale a décidé de produire son propre clip. Nous t'invitons à le regarder !

Le Zap'Parlementaire

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Alors que l’épidémie de coronavirus reprend de la vigueur, la stratégie sanitaire du gouvernement, articulée autour du triptyque « tester, tracer, isoler », montre des failles importantes. Comment y remédier et faire en sorte que notre pays soit en capacité d’affronter ce qui ressemble de plus en plus à une deuxième vague ? Comment relever le défi scolaire et éducatif à l’heure de l’école du coronavirus ? Comment garantir le bon fonctionnement de notre vie démocratique dans un moment où notre pays tend à se fracturer plutôt qu’à se rassembler ?

En ce jour de conseil de défense, et relayant les inquiétudes de nos concitoyennes et concitoyens, voici les principales questions sur lesquelles le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a souhaité interpeller le président de la République.

Ce courrier s'inscrit dans la continuité des deux précédents adressés plus tôt dans la crise au président de la République.
OF bureau 

Ivry-sur-Seine, le 10 septembre 2020

Monsieur le Président de la République,

Depuis le début de la crise sanitaire, je me suis par deux fois adressé à vous avec la volonté constante de ne pas céder aux sirènes des polémiques stériles et en me fixant toujours comme cap d’être utile à notre pays.

Je vous ai ainsi interpellé sur les conséquences sociales du confinement, sur la nécessité de mieux garantir notre souveraineté en matière de santé, ou encore sur la meilleure reconnaissance de l’utilité sociale de nombreux métiers rendus visibles, enfin, pendant la crise sanitaire. Dans le même temps, le Parti socialiste apportait au débat public des mesures pour assurer la reprise, la rentrée scolaire et le rebond de notre économie.

Je m’adresse à vous aujourd’hui pour interroger la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement - « tester, tracer, isoler » - pour faire face à une épidémie qui reprend de la vigueur.

***

Nous le voyons dans les grandes métropoles françaises, l’accès aux tests est devenu difficile. Nos compatriotes perdent patience devant les délais qui s’allongent pour obtenir un rendez-vous et accéder à leurs résultats. La période entre les deux suscite trop d’angoisse, désorganise la vie de nombreuses familles et impacte l’activité professionnelle. Il y a manifestement un engorgement qui nous oblige à connaître les solutions que vous préconisez pour y remédier et poursuivre la prescription de l’OMS « Testez, testez, testez ».

Parmi celles-ci, retiendrez-vous celle qui consiste à distinguer entre les « cas contacts » et les personnes présentant des symptômes qui pourraient être dirigées vers des laboratoires, et les personnes asymptomatiques ou qui veulent se rassurer, qui pourraient, elles, être orientées vers les centres de dépistage ? L’expérimentation d’un autotest en Polynésie française est-elle transférable et pourrait-elle être mise en œuvre dans un ou deux départements ? Les tests antigéniques, un peu moins fiables mais beaucoup plus rapides, peuvent-ils être généralisés et dans quels délais ?

Au printemps dernier, j’avais demandé à ce que la France maîtrise mieux sa politique sanitaire, qu’elle soit moins dépendante d’autres pays de manière à ne pas revivre l’expérience de la pénurie de masques et ses conséquences. A-t-on avancé sur la voie de cette souveraineté sanitaire, au niveau national ou européen, que ce soit pour le matériel de secours, le matériel médical, la chaîne des laboratoires, les réactifs pour les tests ?

***

Vous le savez, le nombre de personnes infectées augmente de manière importante, parfois même de manière exponentielle, et les hospitalisations pour cause de Covid-19 ont repris à un rythme soutenu. Deux professeurs de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) ont ainsi récemment attiré l'attention sur la situation dans les Bouches-du-Rhône ces derniers jours. Selon eux, au 6 septembre, sur les 70 lits en réanimation dédiés à la Covid-19 dans le département, 67 étaient occupés. Avec leurs collègues, ils s’inquiètent, si la courbe devait continuer, d’être contraints de déprogrammer des malades pris en charge pour une autre raison que la Covid-19, avec des conséquences qui pourraient être graves, en particulier pour ceux qui ont déjà été déprogrammés au printemps dernier.

Face à cette recrudescence des infections et des hospitalisations, sommes-nous prêts à faire face ? Les stocks de blouses, surblouses, drogues, seringues, qui ont tant manqué, ont-ils été reconstitués ? Les équipes médicales et paramédicales qui ont tant donné en mars, avril et mai dernier ont-elles pu récupérer et disposent-elles des moyens pour affronter ce qui s’apparente à une deuxième vague ?

Je voudrais sur ce point vous faire part de mon incompréhension devant la situation des sages- femmes à l’issue du « Ségur de la santé ». Elles ont continué d’exercer leur activité pendant le confinement et dans des conditions difficiles. Et pourtant, alors que le Code de la santé les reconnaît comme des professions médicales, elles ont vu leur indemnité alignée sur celle des personnels non médicaux...

Des impasses ont probablement été commises dans le passé, des efforts financiers ont été consentis par le gouvernement dans le cadre du Ségur, ne le nions pas. Mais sur le terrain, rien ne semble bouger. Des professionnels continuent de dénoncer l’insuffisance des ouvertures de lits et le manque de recrutements. On me signale aussi de nombreux départs, des personnels refusant un retour à « l’anormal ». Je vous demande, Monsieur le Président, de tenir « quoi qu’il en coûte » la promesse faite aux personnels soignants et non soignants quand, à 20 heures, nous les applaudissions. Ils ont beaucoup donné, depuis des années, et demain ils et elles seront en première ligne face à la Covid-19. Il revient au gouvernement de leur donner les moyens d’exercer leur métier dans des conditions de travail satisfaisantes au service des Françaises et des Français.

***

Dans son avis rendu fin juillet, le Conseil scientifique identifiait comme l’un des points de vulnérabilité français les 20 grandes métropoles du pays. Force est de constater que c'est bien à Marseille, Paris, Bordeaux, Lyon et Lille que se concentrent aujourd’hui les risques d’une reprise épidémique. Qu’est-il envisagé pour y remédier ?

Nous connaissons aujourd’hui le nombre de clusters dans notre pays. Mais en l’état, nous ne connaissons pas le nombre de personnes infectées, ni les circonstances et les lieux dans lesquelles elles ont été infectées. Je relaie la demande de nombreux spécialistes à propos d’une refonte et de la transparence sur ces données, nécessaires pour adopter des mesures ciblées.

Nos concitoyennes et concitoyens ont bien compris qu’un reconfinement général n’était pas l’option retenue par le gouvernement. Je m’en félicite. Toutefois, qu’en est-il d’un reconfinement local ou partiel ? Des pays comme l’Allemagne y ont déjà eu recours. En Angleterre, la ville de Leicester a pratiqué le confinement local. Le Conseil scientifique lui-même a recommandé comme « indispensable » que ce protocole soit activable si une métropole française se retrouvait dans une situation comparable à celle de Leicester (taux d’incidence de 141, bien moins élevé que dans certaines villes de notre pays). Ce type de reconfinement est-il envisagé et, si oui, dans quelles conditions ? Est-on prêt ? En serons-nous informés et dans quels délais ?

De même, confrontés à une résurgence du virus (même moindre qu’en France), le gouvernement anglais a imposé une limite de 6 personnes pour les rassemblements. La mesure, qui ne concerne pas les écoles et les lieux de travail, sera mise en place dès le 14 septembre. Pourrait-elle s’appliquer en France prochainement ?

***

La rentrée scolaire n’a pas été normale. Elle ne s’est pas faite non plus dans la joie. Il a manqué au moins du dialogue et des moyens, en métropole comme dans les territoires ultramarins. Aujourd’hui, la communauté éducative paie le prix de l’impréparation du gouvernement qui a préféré organisé un plan de com’ autour de « vacances apprenantes » plutôt que de préparer la rentrée. Et si tout se passe plutôt bien, nous le devons surtout à la communauté éducative, et singulièrement à l’investissement des enseignantes et enseignants.

La situation dans les écoles, Monsieur le Président, est particulièrement confuse quant au protocole à suivre lorsqu’une classe ou une école doivent être fermées. Les académies apportent des réponses différentes aux enseignants face à des situations identiques. Il est nécessaire de clarifier les procédures et règles à suivre et d’être transparent sur la situation sanitaire des établissements.

De nombreux parents doivent s’adapter en urgence quand une classe ou une école est fermée, ce qui est un vrai casse-tête quand ils ne ne disposent pas de mode de garde. Le gouvernement a ouvert la possibilité pour un parent de se mettre en chômage partiel. Mais cette solution n’est pas satisfaisante. Lors de la période de confinement, nous avons vu les limites de cet exercice qui consiste à garder les enfants à la maison tout en assurant son activité professionnelle. Et ce sont souvent les femmes qui doivent l’assurer. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que l’absence au travail signifie encore pour beaucoup de personnes une absence de revenus. Dans ce cas, ce sont les plus pauvres qui seront une nouvelle fois les premières victimes.

L’ARS de Bretagne a récemment préconisé de doter les enseignants de masques chirurgicaux. Cette préconisation sera-t-elle mise en œuvre et généralisée alors que le ministère de l’Éducation nationale fournit actuellement des masques en tissu ? Pouvez-vous nous préciser la position du gouvernement s’agissant du port du masque pour les élèves de l’école élémentaire ? À ce sujet, je ne peux enfin que réitérer ma demande de rendre les masques gratuits, en particulier à l’école, pour toutes les familles, car ils ne sont pas des fournitures scolaires mais un marqueur d’inégalité sociale.

L’Éducation nationale aurait dû prévoir qu’une partie de ces masques soient inclusifs. D’une part pour les élèves en situation de handicap qui en ont besoin, et d’autre part pour les enseignant.es au moins jusqu’aux CP pour l’apprentissage de la lecture et au-delà pour les enseignements de langues vivantes étrangères ou régionales. Sait-on quand ceux-ci pourront être livrés ?

Au-delà de l’urgence sanitaire, c’est l’urgence scolaire et pédagogique qui doit être notre préoccupation. Quelle école à l’heure de la Covid-19 ? Nous avons des propositions, nous les tenons à votre disposition.

***

Enfin, Monsieur le Président, nous sommes collectivement devant un défi démocratique. Avec cette crise inédite, personne ne peut décider seul. Il est plus que jamais important d’associer les représentants de la nation. Vous ne le faites pas. Les partis et les présidents de groupe ne sont pas réunis, pas informés, pas associés. Ce n’est pas sain pour la vie politique de notre pays.

En agissant de la sorte, vous encouragez le développement des fake news, des anti-masques, des complotistes qui vous disent que c’est vous, ou eux. Cette spirale est délétère. Il faut sortir de ce duel infernal qui fracture la société quand elle devrait se retrouver.

Le président du Conseil scientifique a indiqué que le gouvernement serait amené à prendre des mesures difficiles dans les prochains jours. Ce teasing anxiogène ajoute inutilement de l’inquiétude et de la confusion dans la chaîne de décisions qui devrait rassurer les Français.

Il est de notre responsabilité collective, Monsieur le Président, d’apporter les informations à nos concitoyennes et concitoyens pour regagner leur confiance. Le gouvernement, de son côté, doit faire la preuve qu’il a bien anticipé cette reprise épidémique et qu’il prend des mesures préparées. Le conseil de défense de demain doit être cette occasion.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Olivier FAURE

Premier secrétaire du Parti socialiste

Certains d'entre vous l'on sans doute lue dans le "LIBERATION" d'hier. 

D'autres non ! C'est à ceux-là que je transmets cette importante interview d'Olivier Faure.

Importante non pas parce qu'elle indiquerait une nouvelle orientation du Parti Socialiste, mais bien au contraire parce qu'elle marque clairement la voie que nous défendons depuis deux ans et de laquelle nous ne nous écarterons pas : le rassemblement de la gauche et des écologistes.

Ces paroles invitent également ceux qui se sont éloignés du combat politique, étourdis par les querelles internes incessantes et déboussolés par les erreurs politiques commises qui ont dissimulé les avancés sociales, écologiques et économiques que nous avons faites sous le quinquennat précédent, à venir nous rejoindre ou (si cela leur semble impossible) à rejoindre un des autres mouvements de gauche.

L'objectif est de nous retrouver, ensemble bientôt, face à la droite et à l’extrême droite pour défendre un projet commun.

Amitiés socialistes

Jacques Chesnais
1er secrétaire de la fédération des Yvelines du PS

INTERVIEW D’OLIVIER FAURE

Olivier Faure, qui plaide depuis des mois pour un rapprochement des partis de gauche et écologistes, se félicite que « ça bouge enfin ». Face au « débat brutal » à venir avec la droite, le dirigeant du PS invite même les sceptiques à se rassembler pour « remettre l’humain au cœur de nos sociétés ».  

Chacun son combat. Depuis son arrivée à la tête du Parti socialiste, Olivier Faure pousse des deux mains pour la (re)naissance d’une union des gauches et des écologistes. Un rêve comme un autre. Une lutte qui ne fait pas toujours rêver. Des moque- ries, des doutes et des portes qui se ferment. Le député de Seine-et- Marne répète son refrain tous les matins : « La victoire est impossible sans union. » Petit à petit, « ça avance », dit-il. Quelques portes s’ouvrent lentement. 

D’autres à gauche se retroussent les manches afin de proposer une alternative commune à Emmanuel Macron. La crise sanitaire est un accélérateur : elle facilite le dialogue et les initiatives. Mais l’affaire reste complexe. On n’efface pas les nombreuses résistances du jour au lendemain. 

Comment décrivez-vous la période actuelle ? 

Incertaine. Humainement difficile pour de trop nombreux Français, tout en mettant en lumière une France généreuse et solidaire, notamment celle des premiers de tranchée. Mais ce n’est pas une simple crise. C’est une catastrophe qui agit comme un révélateur. La période éclaire ce que certains ne voulaient pas voir : il est temps d’inventer un nouveau modèle de société solidaire et durable. Le modèle actuel ne permet plus de faire face aux grands chocs climatiques, sociaux, sanitaires. Pour autant, ce serait faire preuve de beaucoup de naïveté que de croire que ces changements sont incontournables. Le débat sera brutal. Il opposera des visions du monde. Et le dessein commun de la gauche et des écologistes se heurtera à la paresse des commentateurs qui nous trouveront déraisonnables, au scepticisme de ceux qui ne croient plus en rien ni en personne et s’abandonnent à la résignation, à la résistance des lobbys qui craindront de perdre leur centralité, à la force des conservateurs et des libéraux qui saisissent cette crise comme l’opportunité de revenir sur tous les droits acquis au nom d’un effort exceptionnel à fournir dans une période d’exception, au cynisme des nationalistes qui assimilent le retour de frontières étanches à un geste barrière. 

La crise remet-elle en cause certaines de vos certitudes ? 

Elle permet à chacun de se réévaluer. La situation dans les hôpitaux, ça m’a remué. Ma mère était infirmière. Je sais que ces métiers du soin sont d’abord des vocations. Tous les gouvernements en ont abusé en refusant d’entendre les alertes et les souffrances exprimées. Et ce gouvernement singulièrement. Mais tirer toutes les leçons de cette crise ne peut se limiter à condamner les erreurs ou les mensonges de l’exécutif. C’est aussi accepter tous de se regarder dans un miroir. Le déni ne peut pas être une option. Le logiciel libéral est épuisé, nous l’avons trop longtemps subi, parfois accepté. Être lucide, c’est aujourd’hui être radical dans ses approches. Si l’humain n’est pas remis au cœur de nos sociétés, elles exploseront. 

Comment faire pour penser au monde d’après et répondre aux questions actuelles ?


Avant le « grand soir », il faut d’abord s’occuper de demain matin. Le jour d’après est hélas plus noir que le jour d’avant. La crise a exacerbé les inégalités. Les enfants ont traversé très différemment cette période. Les faillites et les plans sociaux vont se multiplier de manière exponentielle. Des centaines de milliers de familles peuvent basculer. Le rôle de l’État va être central. L’arrêt brutal du chômage partiel serait un drame. Il faut par exemple mettre en place un dispositif de réduction temporaire du temps de travail dans les entreprises en difficulté. L’intérêt pour l’entreprise, c’est de ne verser qu’une part des salaires et sans perdre ses salariés et leurs savoir-faire. L’intérêt pour les travailleurs, c’est de conserver leur emploi en conservant l’intégralité de leurs salaires versés pour l’essentiel par l’employeur et complétés par la solidarité nationale. Pour l’État, c’est la possibilité de verser moins que s’il avait à indemniser des chômeurs à 100%. C’est gagnant-gagnant-gagnant. Le temps libéré doit être un temps de formation, notamment pour les entreprises de l’industrie carbonée qui doivent muter. L’enjeu, c’est de relancer l’activité économique sans relancer la machine à polluer. Le « monde d’après le Covid » naitra des réponses que nous apporterons à l’organisation de «la vie avec le Covid-19». L’après se construit par étapes. 

Quel est le rôle du premier secrétaire du PS aujourd’hui ? 

Mon rôle, c’est de faire en sorte que la gauche soit à la hauteur du moment que nous traversons. De reprendre le dialogue avec celles et ceux que nous avons vocation à protéger. De défricher les idées neuves et de préparer l’alternance. De rendre possibles les convergences pour que la gauche se réinvente et de rendre une espérance à ceux qui ne croient plus au bonheur de vivre ensemble. 

L’idée de participer à une union nationale autour d’Emmanuel Macron, ce n’est pas tentant ? 

Sa propre majorité se délite jour après jour, c’est dire la confiance qu’il inspire. Après les gilets jaunes il devait y avoir un acte II plus social. Résultat ? Une réforme des retraites, heureusement remisée, et une autre de l’assurance chômage, qui va être un massacre en septembre si elle n’est pas abrogée. Avec Emmanuel Macron, il y a toujours un abîme entre le son et l’image... Mon objectif n’est pas le sauvetage de la pensée libérale en collant quelques rustines, mais de redonner un horizon à ceux qui ne veulent plus d’une société où le voisin est devenu un concurrent. Il faut tout revisiter. Vous trouvez normal que l’on rémunère mieux ceux qui détruisent la planète que ceux qui soignent, accompagnent les personnes âgées, s’occupent des plus fragiles ? Il faut remettre le monde à l’endroit. 

Ces dernières semaines, votre parti multiplie les auditions (Martinez, Berger, Hulot, Duflot, Méda, Zuckman...), quel premier bilan en tirez-vous ? 

Il y a des convergences fortes sur la nécessité d’ouvrir une nouvelle ère mariant l’impératif de lutte contre les inégalités et de sauvegarde de la planète. Pas de place pour les demi-mesures. Ce qui est frappant, c’est la renaissance d’une nébuleuse progressiste qui voit converger le monde intellectuel, la société civile organisée, qu’elle soit syndicale ou associative, les forces politiques de la gauche et de l’écologie. Je sens une envie de faire ensemble. Personne ne baisse les bras. Face aux drames humains, chacun revendique d’agir pour changer les choses. C’est la définition même de la gauche. 

On note aussi que les rapports évoluent dans votre camp... 

En effet. Il parait désormais loin le temps où j’appelais à une gauche des « combats communs » et où je recevais le silence pour seule réponse. Ça bouge enfin ! Sinon que dirons- nous à nos enfants ? Que nous avons renoncé́ à prévenir les grandes menaces parce que nous étions en désaccord sur une virgule ? 

Mais ça bouge vraiment ? 

Ça bouge dans les majorités municipales, ça bouge dans les partis, dans la société civile. J’ai proposé une université d’été commune de la gauche et des écologistes à Julien Bayou [le secrétaire national d’Europe Écologie-les Verts, ndlr] pour entrer dans une première concrétisation. Il s’est saisi de l’idée et l’a fait fructifier avec talent. Il faut maintenant avancer. Ne pas décevoir. Il y aura des résistances dans toutes les formations politiques. Comment en serait-il autrement alors qu’un tel rendez-vous est inédit ? Mais le temps n’est plus à demeurer chacun dans sa zone de confort. Face aux urgences, nos partis ne peuvent pas se lancer dans un concours de petits pas et de faux-semblants. Ouvrons nos portes et nos fenêtres et construisons ! 

Quelle est la place de Jean-Luc Mélenchon et des insoumis dans les discussions ? 

La porte est ouverte à toutes celles et ceux qui sont disposés à une discussion sincère qui ouvre la possibilité d’une alternance, et pas seulement une résistance au pouvoir en place. Jusqu’à présent, Jean-Luc Mélenchon brandit son programme baptisé « l’Avenir en commun », mais qui est commun à ses seuls amis. Je fais confiance à son sens politique pour percevoir vite où sont les dynamiques. 

Le gouvernement a annoncé vendredi que le second tour des municipales se jouera le 28 juin : une bonne nouvelle ? 

La démocratie ne peut pas rester confinée. Mais il faut s’autoriser jusqu’au dernier jour une nouvelle suspension du scrutin si la situation sanitaire le nécessite.

Quel est l’objectif des municipales pour les gauches ? 

Équilibrer le pouvoir national par les pouvoirs territoriaux qui sont des lieux formidables d’expérimentation et d’innovation. Les chocs à venir vont être terribles. Nos maires ont montré qu’ils pouvaient, dans la limite de leurs moyens, pallier les insuffisances gouvernementales. Pour cela, je souhaite arriver à un accord global avec tous nos partenaires. Diriger Paris, Lyon et Marseille est devenu possible. Nous n’avons pas le droit de laisser passer cette chance. 

Ça veut dire que lors de la prochaine présidentielle, il n’est pas certain de voir un candidat PS ? 

Il faut penser en termes de bloc et de projet. Si nous nous regardons comme des concurrents, comment un socialiste, un écologiste, un communiste ou un radical pourrait accepter un candidat qui n’a pas le même pedigree que lui ? Le bon candidat, c’est celui qui porte le projet commun, incarne une autre façon de gouverner et qui peut nous amener à la victoire. Limiter le dé- bat à celui de l’incarnation, c’est l’assurance de voir se développer des écuries qui n’auront qu’une obsession, se distinguer pour justifier telle ou telle candidature. 

Il y a de nombreuses résistances au sein de votre parti...


La question n’est pas le parti mais le pays. Je ne pense qu’au présent et à l’avenir, à l’espérance du peuple français et au futur de notre pays. Quelle est l’histoire du mouvement ouvrier ? Divisé au XIXe siècle, il s’est unifié au début du XXe dans le bien nommé « congrès du Globe ». Jaurès, Guesde, Vaillant ont dé- passé leurs fortes divergences pour créer la SFIO devenue ensuite le Parti socialiste. Sans ce geste initial, sans leur vision et leur sens des responsabilités, nous n’aurions pas construit le modèle social français et européen. A nous aujourd’hui de bâtir l’offre politique du XXIe siècle en créant un bloc social, écologique, féministe et démocratique ! 

Est-ce que vous êtes le dernier premier secrétaire du PS ? 

Je suis socialiste. Personne ne doit abjurer son identité. Nous devons additionner nos histoires, nos cultures, nos regards pour former un bloc commun. A cette condition là̀, il n’est plus interdit de rêver changer la vie.

Recueilli par RACHID LAÏRECHE
(Libération, Samedi 23 et Dimanche 24 mai 2020)

 

"Monsieur le Premier ministre,

Le 11 mai prochain, nombre de nos concitoyens demeureront confinés. Non pas parce qu’ils auraient contracté le COVID-19 mais parce que victimes de la faillite de leur entreprise ou d’un licenciement, ils n’auront pas d’emploi à retourner exercer.
Pire, avec votre réforme de l’assurance chômage, nombre d’entre eux n’auront plus droit à aucune indemnisation ou la verront diminuer drastiquement.

Cela concernera d’abord les travailleurs les plus fragiles, ceux qui avant la crise occupaient un emploi précaire (contrats courts, temps partiels, travailleurs saisonniers, etc.). Cela touchera également les travailleurs des secteurs les plus sévèrement touchés par la crise sanitaire (hôtellerie, restauration, culture, tourisme, évènementiel, restauration…).

Face à la crise, vous avez pris la décision de reporter au mois de septembre prochain la réforme de l’indemnisation du chômage, qui devait entrer en vigueur en avril et qui privera les nouveaux inscrits de 27% de leur indemnisation en moyenne – parfois même jusqu’à 50% - selon l’étude d’impact de l’Unedic. Elle doit être définitivement abandonnée.

L’autre partie de la réforme est entrée en vigueur en novembre 2019 et va priver de nombreux travailleurs d’une ouverture de leurs droits, puisque la durée de cotisation a été étendue. Les victimes de la récession économique vont basculer dans une totale précarité."

👉 Parce que nous avons plus que jamais besoin de solidarité et de justice sociale,

👉 Parce que c’est la sécurisation des parcours professionnels qui permettra aux travailleurs de conserver leur savoir-faire,

👉 Parce que les entrepreneurs auront besoin de personnels avec des compétences préservées pour relancer leur activité avec efficacité et sérénité,

👉 Parce qu’il ne faut pas ajouter à la crise sanitaire un carnage économique et social, nous vous demandons d’abroger l’intégralité de votre réforme de l’assurance chômage.

Exigeons l'abrogation de la réforme sur l'assurance chômage !