Réforme des retraites  mesuresPMdecryptées Page 01Le 22 janvier 2018, le président de la République proclamait à propos de la réforme de la protection
sociale : « Je refuse ce que j’appelle “les réformes paramétriques” », les approches comptables qui
rognent des droits sans offrir de nouvelles perspectives. (…) [il faut] sortir de cet état de crise
perpétuel où chaque réforme des retraites est, en quelque sorte, une modification de dernière minute,
nécessaire et toujours justifiée en termes de finances publiques, mais qui endommage la confiance et
qui ne change pas les règles fondamentales de son fonctionnement. »
Mais ça, c’était avant…
 
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Réforme des retraites : «Il est temps de tout reprendre, d’ouvrir une vraie négociation»

Par Rachid Laïreche — 22 décembre 2019 à 19:41

  • Olivier Faure (au centre), lors de la manifestation du 5 décembre, à Paris. (Photo Marc Chaumeil)

Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, s’oppose au projet, qui soigne les super-riches et rend vulnérable les pensions à la conjoncture économique. Pour lui, il est inacceptable que les simulateurs permettant de comparer les deux systèmes ne soient disponibles qu’après la présentation de la loi.

Terminé, le temps de l’opposition à pas de loup. Le PS ne se cache plus pour afficher ses différends avec le gouvernement. Le projet de réforme des retraites le prouve une nouvelle fois. Les socialistes défilent dans la rue au milieu des autres familles de gauche. Quelques jours avant Noël, alors que la situation est toujours bloquée, le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, appelle le gouvernement à retirer son texte et à «tout reprendre» à partir de données fiables.

RÉFORME DES RETRAITES - NOS QUATRE LIGNES ROUGES

Le 17 décembre, comme le 5 et le 10 décembre, nous étions aux côtés des Français et de l’ensemble des forces syndicales mobilisées contre cette réforme des retraites du gouvernement.

 

(Le sinistre record de Sarkozy en 2010 n’est plus très loin d’être aussi battu)

 

situation mensuelle budget Etat 31082019Début octobre, le ministère des Finances a publié la situation mensuelle de budget de l’Etat à fin aout 2019 : le solde général est un déficit de 123 Md€, du jamais vu depuis 2010 ! C’est l’occasion de rappeler que le gouvernement et ses députés ont voté en Loi de Finance Initiale pour 2019 un budget en déficit de 107,7 Md€, le 2° pire déficit de tous les temps pour la France. Seul, Sarkozy, en 2010 avait fait voter une LFI avec un déficit plus important de 117Md€, en invoquant la crise financière de 2008-2009 comme justification. Sous Hollande, le pire déficit voté en LFI est celui de 2014 à -82,6Md€, ce record, pourtant déjà condamnable et injustifié, est donc largement battu par le trio infernal Macron-Philippe-Darmanin.

On ne connait pas encore le déficit réel final de 2019, et on espère quand même que le record de déficit réel de 2010 de 148,8Md€ ne sera pas battu, mais, avec un déficit de 123Md€ à fin août, on peut quand même être inquiet.

Mais, pourquoi un tel record de déficit, alors que les salaires des fonctionnaires sont bloqués, les aides sociales (APL…) sont en baisse, la sécurité sociale rembourse de moins en moins, etc… ? Le ministère des finances invoque, dans sa publication, les effets du prélèvement à la source, mais, les véritables causes sont ailleurs :

  1. Baisse des charges pour les entreprises, sans la moindre contrepartie, pour ‘pérenniser’ le CICE de Hollande, mais avec effet pervers en 2019, car les entreprises bénéficient en 2019, à la fois des baisses de charge dès 2019, mais aussi, du CICE de 2018 !
  2. La ‘flat tax’ sur les revenus financiers : alors qu’Hollande avait uniformisé les taux d’impôts sur les revenus du travail et les revenus financiers, Macron a préféré favoriser ceux qui ont financé sa campagne en appliquant un taux unique de 12,8% sur les revenus financiers (ainsi que 17,2% de CSG).
  3. La suppression de l’ISF remplacé par un simple impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui permet d’exonérer les gros actionnaires, comme les familles Bettencourt, Dassault, Peugeot, Mulliez (groupe Auchan), Bolloré, Arnault (groupe LVMH), Pinault (groupe Kering, ex-PPR) …
  4. Les différentes mesures prises, suite aux mouvements des Gilets Jaunes, mais qui n’ont pas été financées (donc, en réalité, financées par le déficit public, comme les primes d’activité et autre défiscalisation des heures supplémentaires…). Or, de nombreux Gilets Jaunes réclamaient, en fait, une véritable amélioration du pouvoir d’achat, avec des augmentations de salaires qui n’auraient pas eu d’impact sur le déficit public, et ils ont souvent dénoncé ces mesures financées par du déficit, donc payées en ‘monnaie de singe’, car, il faudra bien un jour rembourser ce déficit. Le cas de la défiscalisation des heures supplémentaires est exemplaire : c’est la reprise d’une mesure mise en place par Sarkozy et annulée à juste titre par Hollande. On ne sait pas encore quel sera son cout en 2019 et 2020, mais, sous Sarkozy, c’était une dépense de 4,5Md€ par an, qui n’a pas permis la moindre création de nouvelles heures supplémentaires, mais qui a seulement permis de ‘récompenser’ toutes les entreprises qui avaient fait de la ‘résistance’ aux 35h en restant à 39h par semaine pour leurs salariés. En effet, il faut rappeler que 30% des entreprises (surtout les plus petites) sont toujours à 39h, donc avec 4h supplémentaires sur les fiches de paye : ce sont ces 4h supplémentaires qui ont couté 4,5Md€ par an à l’Etat, sans aucun impact positif pour l'économie, et pour une simple raison ‘idéologique’ : dénigrement des 35h ! Il faut savoir que, chez Renault, on recommence comme sous Sarkozy, à avoir des usines en heures supplémentaires, pendant que d’autres sont en chômage partiel. En 2019, c’est même pire : des usines suppriment des équipes de nuit, donc des emplois, tout en ouvrant l’usine le samedi, en heures supplémentaires pour compenser le manque de production ! Sous Sarkozy, je n’avais pas vu une telle exploitation aussi rapide de cette mesure totalement ‘perverse’ : supprimer des emplois et passer en heures supplémentaires les salariés restant pour maintenir la production ! Si beaucoup d’autres entreprises suivent l’exemple de Renault, le chômage ne devrait pas tarder à exploser.