Parallèlement, l'emploi intérimaire a reculé de 7,3% au deuxième trimestre, puis de 4,2% au troisième, dans tous les secteurs d'activité. Le repli est le plus important dans l'industrie (¬7,3%), ce qui témoigne des importantes difficultés du secteur, mais il est également net dans le tertiaire (-1,5%) et la construction (-1,8%). L'industrie automobile, l'un des secteurs les plus en difficultés, a vu l'emploi intérimaire reculé de 20,5% au troisième trimestre (-6000 salariés) après avoir déjà reculé de 14,2% (-4800) salariés au deuxième trimestre.

Ces évolutions négatives de l'emploi se retrouvent également au niveau des demandeurs d'emploi. En décembre, le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 2,2%, ce qui représente 45.800 demandeurs supplémentaires. Sur un an, l'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi atteint 11,4%, soit 217.000 demandeurs d'emploi supplémentaire. En novembre, le nombre de demandeurs d'emploi s'était accru de 64.000, après 46.700 en octobre. Signe de la crise profonde qui touche l'emploi, les entrées pour motif de licenciement économique augmentent de 16,1% et celles pour fin de CDD de 5,6%. Les entrées pour fin de mission d'intérim explosent, avec +20,3%. Les sorties de Pôle emploi au cours des trois derniers mois baissent de 6% par rapport aux trois mois précédents. Celle pour reprise d'emploi diminuent de 9,2%.


Ces résultats reflètent à la fois les effets d'aubaine, c'est-à-dire la conversion en heures supplémentaires d'un travail anciennement normal afin de bénéficier des exonérations, avec des coûts importants pour les finances publiques, et la substitution des heures supplémentaires aux embauches. Dans un contexte d'incertitude forte et où les heures supplémentaires sont moins coûteuses que les embauches, seule la France est dans cette situation, un tel dispositif est véritablement porteur de chômage.

On assiste donc à une véritable substitution entre les heures supplémentaires et l'emploi. Dans un contexte de crise, les intérimaires et les salariés en CDD en sont les premières victimes.

À la vue de ces résultats, l'autosatisfaction dont fait preuve le gouvernement sur l'efficacité de la loi TEPA pour le soutien au pouvoir d'achat est plus que déplacée.