Suite de la tribune de l'opposition parue dans "Elancourt Magazine" de mai 2018, mais limitée à 1200 caractères dans sa version papier.

 

Les politiques d’égalité femmes-hommes hors-la-loi à Élancourt

Obligatoire depuis 2016, chaque collectivité territoriale de plus de 20 000 habitants  doit mettre en œuvre  une politique globale pour l’égalité femmes-hommes, tant en interne que sur son territoire. Chaque année, cette politique doit être formalisée  par un rapport  sur l’égalité entre les femmes et les hommes, présenté avant le  débat  d’orientation budgétaire.  Ce rapport doit faire état de la politique d’égalité professionnelle en interne de la collectivité, mais aussi établir un diagnostic et présenter des programmes pour réduire les inégalités  entre les femmes et les hommes sur le territoire.

Or, qu’a-t-il été présenté aux élancourtois en mars 2018 ? De simples statistiques sur l’emploi des femmes et des hommes dans les services de la municipalité. Pas un mot sur leur rémunération, les projets de formation, la politique de promotion. Rien sur la formation des élu.e.s.
Quant aux politiques à mener sur le territoire pour réduire les inégalités, il n’y en tout simplement aucune. Pas même un début de diagnostic ; le premier pas pour pouvoir concevoir  des programmes d’action  sur la commune. En conséquence, pas la moindre ligne budgétaire affectée à cette problématique.  Pourtant les domaines sur lesquels la ville pourrait agir... ne manquent pas.

Quelques exemples :

  • Dans l’éducation, lutter contre les stéréotypes sexistes dans les centres de loisirs, dans les crèches, en commençant par former le personnel, puis porter une réflexion sur le choix des activités ludiques.
  • Dans la communication interne ou externe de la commune, éviter de véhiculer des stéréotypes sexistes. Le Haut Conseil à l’égalité a d’ailleurs publié un guide pratique sur ce sujet
  • Dans les espaces culturels, promeut-on à égalité des œuvres d’artistes femmes avec celles des artistes hommes ? Met-on en avant des femmes remarquables en leur donnant un nom de rue ou d’équipements?
  • Dans le domaine du sport, regarde-t-on si les budgets dédiés à la pratique du sport sont plus importants pour les garçons que pour les filles; que les équipements profitent plus aux uns qu’aux autres ? Encourage-t-on la pratique du sport d’équipe chez les filles, à participer à des compétitions sportives? Quid de l’encadrement dans les clubs sportifs subventionnés ?
  • Dans le domaine de la prévention, y-t-il des actions organisées pour lutter contre la violence faites aux femmes ?
  • Dans le domaine de l’insertion, comment aider les femmes qui sont majoritaires dans la précarité à accéder à l’orientation et à l’autonomie financière ?

Si des actions sont entreprises sur la commune par des associations ou des services municipaux, ces actions font-elles partie d’un plan global pluriannuel avec des objectifs chiffrés, un pilotage, des évaluations?

Pour cela il faut montrer une volonté politique de traiter de l’égalité femmes hommes avec les élu·e·s, de les sensibiliser, sensibiliser aussi les agent·e·s et la population de la commune.

Y a-t-il une délégation égalité femmes-hommes parmi les élu·e·s ? Une mission égalité femmes-hommes dans les services municipaux, un budget ?  Nous n’en avons jamais entendu parler.